Samedi 27 août 2011
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Il est des films qui marquent une génération, qui illustrent une période
où s'identifient à un mouvement. Parmi ces films que l'on dit « culte », il est un film inclassable et déroutant. Ces jours ci, il revient au devant de l'actualité par
son incroyable capacité d'anticipation. En effet, au détour d'une scène sans grande importance, on découvre que les deux protagonistes astronautes utilisent une sorte d'ipad, plus de 40 ans avant
sa sortie selon le temps terrestre, mais 10 ans sur celui du film. Comme à son habitude le Web s'enflamme en pleine prodédure d'Apple contre Samsung.
« 2001 l’Odyssée de l'Espace », tourné en
1968 par Stanley Kubrick, reste un OVNI cinématographique, qui passionne, interpelle et soulève encore le débat. En dehors de son aspect philosophique, sur la vie, la mort et les
origines, il est par son extrême réalisme à la fois un témoin de la modernité des années 60 mais aussi un formidable laboratoire d'idées prospectives. Si vous concentrez votre attention sur la
partie centrale du film se déroulant dans une station spatiale, vous ne pourrez qu'être troublés.
Parce-qu'il avait pris grand soin de travailler avec des membres de la
NASA, le réalisateur plonge le spectateur dans une atmosphère proche d'une réalité imaginée mais crédible. Nous sommes ici dans l'anticipation poétique de notre avenir avec des
accents et des couleurs du présent. Pourtant nous restons bien dans les années 60 avec des coiffures et des costumes surannés mais au détour d'une scène le décor se mue dans une modernité
troublante. Cet ordinateur central omniprésent et omnipotent accentue cette angoisse et ce malaise.
Les fauteuils de Pierre Paulin, les costumes de
Pierre Cardin, anticipent la vision d'un futur marqué par la conquête spatiale, avec un ordre des choses géré et digéré par les scientifique. Pourtant, n'est-ce pas un
« SKYPE » que le commandant utilise pour fêter l'anniversaire de sa fille ? Ces écrans de cinémas incrustés dans les têtières du vaisseau spatial, ne ressemblent ils
pas aux écrans LCD de nos voitures ? Et cette mini caméra sans pellicule, utilisée par le reporter ressemble fortement à nos « Pocket Cam ».
Comme est-ce donc possible d'avoir ainsi pu anticiper des objets d'un
tel réalisme, 30 ou 40 ans d'avance sur leur utilisation ? Pourtant Stanley Kubrick n'était pas un devin ni un mage. Il n'a fait que suivre les idées et les potentiels
techniques de son époque en extrapolant des usages et donc des outils à la manière de Jules Verne mais sur une musique de Richard Strauss. Le résultat est efficace et crédible. La technique très présente
s'estompe pourtant dans un rapport d'une grande banalité avec les protagonistes.
Car voilà bien l'ambition première
des années 60 que de vouloir à tout prix inventer le futur. Car le « Futur » avec comme date de naissance l'an 2000 a été inventé et créé de toute
pièce par les romanciers, les ingénieurs, les stylistes, les designers, les cinéastes et les artistes des années 60. Cela semble incongrue mais c'est pourtant une réalité que d'avoir ainsi en une
décennie voulu propulser l'humanité dans son avenir immédiat.
Alors des générations d'enfants,
comme moi, ont rêvé devant ces films, en lisant ces livres et en regardant ces œuvres pour vivre à notre tour cette vie si magique imaginée par d'autres quelques années plus tôt. Certains de ces
enfants sont devenus ingénieurs, informaticiens, créateurs, architectes, cinéastes et ont repris le flambeau en matérialisant les rêves technophiles de leurs aînés. Sans doute un ingénieur est
entré au service d'Apple, lorsqu'il eu la bonne idée de proposer un jour une tablette tactile comme dans un film dont il ne se souvenait plus du nom.
Dans un autre laboratoire de
recherche c'est peut être un passionné du film Farhenheit 451 qui proposa un mur écran avant l'inventer l'écran Plasma, ou bien encore la liseuse numérique. Je crois en cette
théorie qui veut que nos objets numériques quotidiens ne sont que la matérialisation de nos rêves des années 60. Il en est ainsi, notre futur reste à inventer. Soyons attentif aujourd'hui à
l'imagination débordante de certains créateurs qui font sourire aujourd'hui mais demain sembleront bien inspirés
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Copies d'écrans du film 2001 : l'odyssée de l'espace - Stanley
Kubrick – 1968 – Droits réservés